J'attendais le résultat des élections présidentielles pour reprendre la plume, et le résultat aurait rendu un pâle sourire sur ma face de grenouille, si on ne venait d'apprendre ce mardi 8 mai 2012 la mort du plus grand créateur d'albums pour enfants, je veux parler de Maurice Sendak qui vient de rejoindre son père dans sa cuisine de nuit, à l'âge de 83 ans. Ma tristesse est telle que je ne trouve rien d'autre à vous dire. Nous sommes en deuil, mes petites reinettes, nous et tous mes potes les maximonstres. Bufolet, le 8 mai 212
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Nous avons lu (et aimé)
Reste avec moi, de Jessica Warman
Un roman très bien construit, avec l'idée originale d'une narratrice devenue fantôme qui enquête sur [...]
Où il est question d'offices et d'ulcère à l'estomac
La pratique d'offices aux bibliothèques -entendez par là le dépôt mensuel de nouveautés avec faculté de retour- ne date pas d'hier. Elle date d'environ un quart de siècle. A cette époque les trois associés de Colibrije étaient salariés au Livre Français. Et même si à l'époque on pouvait dire que le contenu de l'office était plus en adéquation avec le goût des bibliothécaires, il n'est pas un livre qui ne m'ait été retourné, même l'Arbre sans fin, le chef d'oeuvre de Claude Ponti, tant il est vrai que l'un des derniers pouvoirs qu'il reste à cette catégorie professionnelle qui n'a cessé d'être dévalorisée, est celui de rejeter n'importe quel livre. Ainsi commença l'ulcère à l'estomac de votre serviteur. C'est d'ailleurs à la suite d'un de ces retours compulsifs et pas vraiment réfléchis qu'est né mon nom de plume, certaines de mes clientes occidentales n'ayant pas compris la philosophie zen qui présidait aux réflexions d'une grenouilles, ni son mode de lecture vertical. Je trempais la dite plume dans l'acide pour l'édito du premier numéro de l'écholibrije et signais rageusement Bufolet, l'une des deux grenouilles d'Arnold Lobel. Revenons à aujourd'hui. J'ai tout de suite remarqué dans les cases de retour de Casterman plus d'une vingtaine d'exemplaires du dernier album d'Anne Herbauts : Theferless. Une des plus originales créatrices d'albums francophones avec Kitty Crowther, Anne Brouillard et Anaïs Vaugelade. Certes Theferless avec sa forme de fable poético-philosophique, n'est pas un de ses albums faciles destiné à un public jeune. Sa compréhension est loin d'être immédiate. Quant à l'écriture graphique d'Anne Herbauts, elle ne cesse de se complexifier. Aux motifs décoratifs et à la technique de collage des premiers albums s'ajoute un travail de transparence (le ventre du chat Moby Dick), de tampons (les arbres de la forêt),d'incrustation. En outre elle a ajouté ici un trait rouge pour figurer certains personnages humains figurés comme des écorchés. On le voit, un travail exigeant dont la première réaction est de se demander à qui il s'adresse. Je répondrai à ceux qui savent regarder avec les sentiments et le regard intérieur. Et d'un seul coup m'est devenu la raison de ce rejet : il s'agit d'un livre qui traite à la fois des cause et des conséquences de la peur, de notre peur d'adultes dans notre société postmoderne: le repli sur soi. On l'a bien vu au moment de l'élection présidentielle française comme en Grèce. Il ya d'abord cette double page où l'on voit cette maison au milieu d'une forêt, donc loin des autres; de plus il y a cette route en forme de 8 qui revient toujours à son pont de départ. On peut même dire que ce huit renversé, symbole de l'infini fige à jamais cette maisonnée dans l'immobilisme temporel. A l'intérieur chacun est refermé sur lui-même le chat avec ses deux poissons rouges dans le ventre. La vieille, dont le cerveau malade n'en finit pas de mourir, le père, qui, pour n'avoir jamais tort se cantonne dans la certitude de l'incertitude avec ce peut-être qui ne tranche jamais. Et puis la mère giron qui empêche son enfant de grandir. Des personnages immobiles, morts. Même la nature à l'intérieur de cette maison, avec ces fruits qui pourrissent à force de se taveler dans le compotier, même la nature donc, est ici, nature morte. Il n'y a qu'un personnage qui est vivant et paradoxalement c'est la mort. Jusqu'à l'arrivée de Theferless, une hirondelle blessée qui va réapprendre à tout ce monde à vivre (pour la vieille ce sera d'accepter de mourir), à sortir de la maison à retrouver le bleu du ciel et de la mer et peut-être à aller vers l'autre. A cesser d'avoir peur. Theferless pouvant en anglais se lire The fear less : le sans peur. Un livre qu'il ne faut manquer à aucun prix!
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12/01/2012 : La nuit dans les librairies...
Colibrije recrute
Libraire / Opérateur(trice) de saisie de commandes
Libraire / Opérateur(trice) de saisie de commandes dans le secteur de la vente aux collectivités (bibliothèques, crèches, écoles, comités d’entreprises)
CDD de 5 mois (août à décembre 2012), pouvant déboucher sur un CDI
Profil :
Saisie de commandes clients
Participation au suivi des marchés publics des collectivités ; participation à l’élaboration des dossiers de réponses aux marchés publics
Accueil des bibliothécaires, personnels de crèches lors des choix sur place dans la librairie
Suivi d’un ou plusieurs fonds de la librairie (réassort et enrichissement)
Standard téléphonique
Compétences :
Aisance informatique
(maîtrise des logiciels courants de bureautique ; une connaissance de la base de données Electre et/ou du logiciel de gestion de stock Medialog serait un plus)
Connaissance des métiers du livre
Connaissances / intérêt pour la littérature jeunesse
Réponse par mail à : colibrije@wanadoo.fr
ou : librairie.colibrije@gmail.com